vendredi, septembre 29, 2006

En plein jour



Le père Gainsbourg avait coutume de dire que le bonheur est semblable à un ciel sans nuage. Il n'y a rien de plus beau à regarder. Par contre si on le photographie, on peut prendre des rouleaux et rouleaux de pellicule, au développement on verra invariablement la même chose : rien. A l'inverse, un ciel nuageux, voire un ciel d'orage peut être photographié à l'envie. Jamais deux photos ne seront pareilles et certaines seront franchement belles.
Le bonheur est par définition merveilleux à vivre mais il n'y a pas toujours grand chose à en dire.

Voilà la raison principale pour laquelle je n'ai rien posté depuis longtemps... au grand dam de maman qui veut tout savoir ;-) ... Et puis aussi j'ai d'autres occupations qui me tiennent éloigné de mon ordinateur.

Je profite donc d'une soirée en célibataire - K est en voyage dans son pays natal - pour évoquer des petites choses dont j'aurai envie de me souvenir et qui intéresseront peut-être les quelques lecteurs qui passent encore par ce blog où ils ne se passent rien depuis plusieurs mois.

Alors voilà, depuis le Brésil les choses se sont succédées idéalement et naturellement. K. qui s'appelle en réalité Karolina - mais nous disons Kaja - a passé de plus en plus de temps avec moi et chez moi où elle a fini par emménager l'été venu. La Pologne avait perdu contre l'Allemagne et la France tenait tête au Brésil. On s'en footait, on était un peu fou et on était bien ;-)

Entretemps les voyages s'étaient succédés. La Pologne, la Belgique et les premiers contacts entre Kaja et ma famille. Mais aussi Bruges Knokke-le-Zoute, les crevettes grises, les soles, la Grand Place... Avec Kaja toutes ces choses que je connaissais depuis toujours étaient réinventées ; Ensuite l'Italie : notre premier week-end en tête à tête. La Pologne à nouveau. Tous ces moments étaient magiques et se mélangent déjà entre eux dans ma mémoire. Bonheur constant. Pélicule surexposée. Et c'est tant mieux..
Il y a tellement de vécu et tellement peu de choses à en dire.



Nous voilà donc en demi-final du Mondial de foot 2006 quand Kaja investit ce chez moi qui est dorénavant notre chez nous.
Ce soir là je n'ai sans doute pas été à la hauteur. Le match était passionnant et Kaja a débarqué au beau milieu d'une phase décisive. Qui plus est, la copine qui aidait Kaja à déménager ses affaires ne m'avait pas paru fort sympathique. A l'inverse Kaja semblait tellement aérienne et heureuse que je m'en suis voulu de ne pas montrer plus d'enthousiasme. Je ne crois pas qu'elle ait noté quoi que ce soit.
C'est peut-être la plus merveilleuse qualité de Kaja. La constance de son humeur. Même dans les moments difficiles qu'elle a dû vivre entre Francfort et France - Brésil, elle a toujours montré de l'enthousiasme et de la bonne humeur. Et lorsque d'aventure une larme perle, comme ce 8 janvier évoqué plus haut, elle est isolée et semble vide de conséquence. Immédiatement Kaja retrouve sa gaieté. Du coup toute situation tendue est aussitôt désamorcée et le bonheur se perpétue.
Ainsi, un jour qu'une jolie lumière d'automne perlait au travers des stores de notre chambre où je me trouvais, Kaja était assise par terre dans le couloir à faire je ne sais plus quoi. Tout à coup elle dit spontanément et apparemment sans raison précise : "je suis heureuse".
Qu'ajouter à ça? Rien... si ce n'est que c'est une définition possible du bonheur.

Il y a quelques mois j'initiais ce blog en posant la question "un blog pour quoi faire ?" Je ne connais toujours pas la réponse.
J'ai compris que le blog était un objet hybride entre sphère privée et publique. J'ai compris qu'il permet de faire partager des expériences à des êtres chers sans les impliquer directement (à l'inverse des courriers, mails ou chats qui par nature s'adressent à quelqu'un ou à quelques uns et impliquent généralement une réponse). Il permet donc une certaine distanciation et partant est un outil pour exprimer certaines choses qu'on aurait pas dites soit par pudeur soit par timidité. Dans le cas présent il m'a permis de raconter librement ce que je vivais tout en sachant que très peu de lecteurs seraient concernés. Ecrire "Maman veut savoir" tout en sachant que seule maman ou presque saurait était plus facile que de lui écrire directement.
Maintenant que tout s'est bien déroulé et que j'ai envie d'élargir le nombre des personnes qui auront connaissance de ce blog, à commencer par K., il me semble inutile de le prolonger.
Je regarde Laetitia en me disant que j'aime vraiment ce tableau. Je suis content d'en avoir parlé. J'aurais souhaité parler de beaucoup d'autres choses mais mon esprit était occupé par une pensée presque unique.
Maintenant, continuer ce blog à quatre mains n'a pas beaucoup de sens. Ne fut-ce que par son titre, "Undeground". Bien que ce n'ait pas été prémédité il s'est fait l'écho d'expériences que je n'aurais pas voulu pour des raisons évidentes voir se propagées au delà d'un cercle restreint. Maintenant que la situation a évolué, je pense qu'il es temps de laisser cette page et, pourquoi pas, d'en commencer une autre à quatre mains et en plein jour.

jeudi, avril 27, 2006

Carnaval et crustacés

Ah oui.... Le Brésil... C'était bien le Brésil :-)


J'étais accompagné de Jack et de Fab qui ont supporté mon sevrage tabagique avec beaucoup de sollicitude.
Attendu que le voyage a débuté il y a près de deux mois, tout n'est plus très frais dans mon esprit. Aussi vous demanderai-je de ne pas m'en vouloir si je ne vous alimente que de quelques souvenirs épars.
Le vol de Lisbonne à Recife m'avait paru très long.
A l'arrivée, un taxi nous a conduit à l`hôtel afin de nous rafraîchir brièvement avant d'aller nous promener. Après une demi-heure de marche en bordure de mer nous nous sommes arrêtés sur une place un peu animée. Un petit troquet sympathique au milieu de toutes ces tours pas très jolies. De gentilles serveuses nous apportaient de grandes bières dans des sur-contenants de polystyrène et plastique qui faisaient très couleur locale. Il régnait cependant alentours une ambiance de tourisme sexuel qui mettait mal à l'aise. A l'opposé, sur la plage, à deux pas, les brésiliens tout occupés à s'embrasser tendrement entre-eux étaient trop mignons. Il y avait de l'amour partout. Alors bien sûr, moi je pensais encore et toujours à K.



Le lendemain matin nous nous sommes mis en route pour Pipa. A nouveau le voyage m'a semblé fort long. Il nous a fallu prendre un taxi et deux bus pour finalement arriver à destination en milieu d'après-midi après 5 heures de voyage. Tout ça pour à peine 200 km ! Cependant, le côté bus, sac à dos et l'amour en tête ne m'a pas déplu ; je me sentais adolescent à nouveau.
A propos de sac à dos, j'avais sur moi celui de K. Elle me l'avait prêté, le mien étant trop petit. J'adorais y mettre et en retirer des choses. A chaque fois je sentais K tout près de moi.
Pipa est un petit village qui, bien que touristique, était super sympa. on se croyait en Californie au milieu des années 60. Summer of Love. Il y avait des petites boutiques, des buggies et des surfers partout.
Ambiance jeunes baba-cool en plein. La pousada (hôtel) où nous allions résider était très sympa elle aussi : Dos Girassois - http://www.pousadadosgirassois.net/ - Design, calme et confortable. A 100 mètres du centre ville et à 100 mètres de la plage située au bas dune falaise. Plage où nous avons passé pratiquement toute la première journée du premier jour. Le soleil tapait fort et nous avons pris plein de couleurs. Il y avait aussi de grandes vagues dans lesquelles nous aimions nous jeter pour nous rafraîchir.
Tout cala aurait été merveilleux s'il n'y avait en permanence ces deux manques qui me torturaient l'estomac : K et la cigarette.
Un soir j'ai terminé seul une longue promenade jusqu'à la plage dite des dauphins. Je n'ai pas vu de dauphins mais la promenade le long de la mer au travers d'une réserve
naturelle et des falaise de granit rose était vraiment trop belle. Fab et Jack - pauvres fumeurs qu'ils étaient - ont dû rebrousser chemin avant de toucher au but. En revenant après près de deux heures de marche solitaire je n'avais qu'une hâte : passer devant un cybercafé pour pouvoir raconter ma promenade à K. Et c'était tout le temps comme ça. Et j'aimais ça.

Après quatre jours de plage et dolce vita nous avons mis les bouts pour Olinda et son carnaval, le clou du voyage. Encore un long voyage en bus et taxi. et enfin, arrivés à la nuit tombée, une traversée de la ville à pied avec paquetage alors que la fête battait son plein. On nous avait tellement mis en garde contre les dangers du carnaval (vol, rapt etc...) que nous sommes arrivés à l'hôtel stressés. Finalement le seul véritable vol auquel nous ayons été confronté était le prix de la chambre. Payer le double du prix pour une chambre sombre et quatre fois plus petite que celle du petit paradis d'où nous venions nous laissait un goût amer.

Après une journée de carnaval il nous avait semblé avoir fait le tour de la question. La bière, les déguisements somme-toute moyens, la samba répétitive, l'odeur écoeurante de la foule avinée et en nage... et pourtant, au fur et à mesure que les jours et les heures passaient, on s'est laissé gagné par cette ambiance faite de traditions et de gentillesse. Les inquiétudes du premier jour se sont avérés tout à fait infondées.

Nous n'avons rencontré que des gens curieux de nous connaître et de nous faire partager leur mode de vie. Finalement, après cinq jours de fêtes nous avons quitté notre petite chambre exorbitante avec une pointe de regret et l'envie de revenir.




Nous revoilà dans le bus, mais cette fois pour le Sud. Un petit village, ou plutôt un lieu-dit. Japaratinga et la pousada Bitingui située au bord de la plage homonyme immense et déserte. Après la foule de ces derniers jours de fête, un contraste total. A la descente du bus, pas même un taxi. Il nous a fallu emprunter des "moto taxi". Nous marchions parfois le soir durant des kilomètres avant de prendre un ferry pour trouver un restaurant tout ce qu'il y a de plus spartiate. Bref, la plage à perte de vue, le calme et rien autour. Une vision possible du bonheur.


Après quatre jours passé là, nous revoilà parti pour un très long voyage : motos, bus, aéroport.
Même s'il y a plusieurs lignes que je n'en ai plus parlé, et bien que ma dépendance à la cigarette s'estompait petit à petit, K me manquait de plus en plus. J'étais partagé entre la nostalgie immédiate des vacances qui s'achevaient et l'attente encore trop longue avant de la revoir. Aussi lorsque le préposé de l'ATP me fit comprendre que la compagnie avait décidé de rallonger notre voyage de cinq heures par crainte que nous n'ayons notre correspondance à Lisbonne, je me suis fâché très fort, et nous avons réussi à obtenir une correspondance trois heures plus tôt. Je crois que sur tout le vol nous avons été les trois seuls à avoir pu jouir de ce privilège. Comme quoi l'amour donne des ailes.
Je brûle de raconter nos retrouvailles et la suite mais il est tard et après une si longue attente, je ne voudrais pas provoquer une indigestion.

mercredi, février 22, 2006

Lisbonne


Toujours sous le charme de la Saint Valentin, je m'en allai ce jeudi pour Lisbonne où j'avais un rendez-vous d'affaires le vendredi matin. J'aurais voulu que K m'accompagne. En effet, je devais retourner y faire escale le dimanche suivant avant de partir pour le Brésil et, sans les contrainte imposées par les compagnies aériennes et agences de voyage, nous aurions pu passer le week-end ensemble là-bas.
Comme ce ne fut pas possible, nous nous sommes finalement retrouvés K et moi à Paris vendredi soir. Nous avons passé la soirée ensemble et il n'y a pas eu de Gare de l'Est. J'ai éteins ma toute dernière cigarette - si si :-) - avant d'aller dormir entre ses bras.
Nous nous sommes réveillés ensemble le samedi matin avec toute une belle journée devant nous et rien qu'à nous. Il y avait dans l´après-midi une nouvelle leçon de salsa au programme. Bien que je sois encore un peu lent, je commence à comprendre le rythme et les pas. C´était gratifiant et sympa. On a passé la soirée de samedi ensemble et le lendemain très tôt, alors que je devais partir prendre le taxi pour l'aéoport, K était encore dans mon lit. Je lui ai laissé les clés pour qu'elle puisse venir chez moi en mon absence si ça tourne au vinaigre chez elle. Ça me rassure et de la sorte je suis sûr de la revoir dès mon arrivée à Paris.
Arrivé à Lisbonne, je reçois un sms de K en fin de matinée me disant qu'elle était en train de boire un café et manger un toast dans ma cuisine. Je ne sais trop dire pourquoi mais ça m´a fait immensément plaisir. Sans doute parce que j'ai besoin de savoir qu'elle est bien chez moi. Du coup Lisbonne - qui est une ville que j'ai toujours adorée - m'a parue encore plus belle malgré la pluie et les quinze jours de séparation à venir m'ont semblés un peu plus légers.

mercredi, février 15, 2006

Saint Valentin


Bien sûr ça s'est terminé Gare de l'Est mais la soirée a été magique du début à la fin et tous les doutes se sont envolés.
Il n'est personne de plus merveilleux que K qui transforme chaque moment passé ensemble en pure grâce.
K qui tient à moi et moi qui tient à K.
K que j'aime et K qui m'aime.

mardi, février 14, 2006

Salsa & embrouilles


Ce qui devait être notre premier week-end libéré de toute contrainte s'est en fin de compte limité à un dimanche passé ensemble.
Le samedi K devait en effet procéder à quelques formalités pénibles avec celui que nous appellerons désormais son ex-compagnon polonais. Du moins en théorie. La suite nous montrera que dans la pratique les choses ne sont pas si aisées.

Après un classique pèlerinage Gare de l'Est, je laisse donc K vendredi soir au téléphone alors qu'elle sonne chez des amis pour y aller dîner. Son "ex" devait se joindre à la soirée après son travail vers 23h00. Le samedi matin ni appel ni sms. L'après-midi non plus. Je commence à m'inquiéter mais je ne veux pas la harceler. Le soir toujours rien. Finalement vers 22h00 après lui avoir envoyé un dernier message, elle me répond par un laconique sms me disant qu'elle participe à une "soirée filles" et qu'elle reste sur Paris. Elle sera le lendemain matin chez moi mais pas trop tôt, vers 10h00. Je l'appelle immédiatement. Pas de réponse. Je lui demande de m'appeler. Sans plus de succès. Je me dis que sa journée a été difficile et qu'elle a besoin de se changer les idées. Il ne lui est sans doute pas facile, après les épreuves de la journé de venir vers moi sans une période décompression. Cependant, j'ai beau me résonner, rentré tôt d'un petit dîner en tête-à-tête avec un ami, je ne parviens pas à trouver le sommeil. Son dernier message cette nuit là est écrit après 4h00. Elle sera sans doute un peu plus en retard que prévu. Là, je lui en veux un peu mais ne le lui fais pas savoir.
Vers 10h30 le dimanche matin un nouveau sms. Elle est à Opéra et me demande ce qu'elle doit apporter. Une baguette, deux croissants. Je me suis occupé du reste.
Arrivée chez moi un quart d'heure plus tard, après nous être regardés et embrassés, je lui demande quelques explications. Une fois son ex arrivé au dîner vendredi les choses auraient mal tourné. Il aurait plombé l'ambiance et serait devenu un peu agressif.
Une amie lui suggère d'aller squatter dès le lendemain quelques jours chez des potes qui occupent un appartement dans le quinzième. Les amis s'appellent François, Momo et un autre. Il y avait bien une ou deux filles à la soirée de samedi, mais l'appellation "soirée filles" me semble usurpée. Je lui fais part de mon mécontentement. M'avoir laissé si longtemps sans nouvelles et s'embrouiller de la sorte. Prendre la décision d'aller habiter quelques jour quelque part sans m'en parler... Elle ne me donne pas d'explication très cohérente mais a l'air tellement désemparée, que je cesse vite de lui demander des explications. Rapidement nous nous trouvons à manger des oeufs au bacon en discutant de choses plus plaisantes. Ensuite, ayant tous deux peu dormi, nous allons nous allonger un peu. On ne dort pas beaucoup. Nous avions ensuite en projet d'aller suivre un cours d'initiation à la salsa. Elle aime beaucoup la danse et voulait savoir si ça pouvait me plaire. Bien qu'avec un peu d'appréhension, je m'y suis prêté de bon coeur et, après une première heure laborieuse, j'ai commencé à y prendre du plaisir. Il faut dire que K est une compagne de danse très agréable et très patiente. Un très bon moment, vraiment. Tout aussi agréable le retour chez moi à pied par la promenade plantée et le marais.
Ces trois heures de danse et cette marche nous avaient creusé l'estomac. Je nous prépare des pâtes que nous mangeons tôt et ensuite nous nous allongeons dans ma chambre pour regarder "Le Chocolat" en dvd. On est vraiment très bien, mais comme elle m'avait prévenu, elle ne préfère pas passer la nuit chez moi et doit retourner chez François & Co. où elle a par ailleurs laissé ses affaires pour le lendemain. Je n'insiste pas trop lourdement, et bien qu'elle n'ait pas réussi à joindre ses hôtes, c'est tous les deux un peu tristes que nous nous rhabillons avant que je la raccompagne au métro. Comme il est tard, qu'il y a un peu de marche avant d'arriver et qu'il n'est pas certain qu'elle puisse rentrer dans l'appartement, je lui demande de m'appeler dès qu'elle sera arrivée. Elle m'appelle à peine un quart d'heure plus tard. Je lui demande en plaisantant si elle a changé d'avis. Elle me répond que oui, mais ma joie est de courte durée. N'arrivant pas à joindre François ou sa copine qui loge là aussi pour le week-end, elle a appelé une autre amie. Son ex était là, n'allait pas bien du tout et lui demandait de rentrer. Elle a donc fait demi-tour à Concorde et se dirige vers la Gare de l'Est. Là s'en est trop, je lui dis tout ce que j'ai sur le coeur, finissant par lui demander de faire un choix tout de suite. Ce n'est plus lui qu'elle doit protéger mais moi et je ne saurai supporter qu'elle rentre ce soir chez elle plutôt que chez moi. Elle est désemparée encore une fois et me dis qu'elle descend me rejoindre. Il pleut dehors. Je marche à sa rencontre dans ma rue. Je la trouve en larmes sous la pluie. Nous allons chez Camel, le petit bar en bas de chez moi. Nous discutons autour d'un thé à la menthe. Elle me fait part de ses remords par rapport à la souffrance qu'elle provoque chez son ex. Je lui explique que selon moi, ce n'est plus à elle de le réconforter. Si à chaque fois qu'il appelle au secours elle répond, il n'acceptera jamais la rupture. En l'occurrence, si sa décision est irrévocable - ce qui est le cas, j'en ai l'intime conviction - il faut qu'elle le laisse souffrir quelques temps ; ça finira par passer. Je ne suis pas sûr de l'avoir convaincue... mais bon, elle me demande de la comprendre et après avoir encore parlé, je finis par la raccompagner... Gare de l'Est. Je rentre chez moi avec encore une grosse boule dans l'estomac mais mieux qu'avant que nous nous soyons revus.
Il est évident que tant qu'un des deux ait déménagé, nous ne serons pas entièrement libres.
Il ne fait aucun doute qu'elle tient beaucoup à moi. Elle m'aime assez pour se mettre en danger. Il est tout aussi évident que c'est une période très difficile à passer pour elle. Je sais que mon rôle est de la soutenir dans ces moments difficiles, de lui faire confiance et surtout de ne pas me montrer faible. Mais je vous assure, ce n'est pas facile. Il faut vraiment beaucoup aimer pour y arriver. Et heureusement je l'aime beaucoup.
Demain c'est la Saint Valentin, nous passerons la soirée ensemble. Ce sera sans aucun doute une très belle soirée. Je souhaite que je n'aie pas à la raccompagner au métro ou à la gare ensuite. Cependant si elle me le demande, je sais aussi que j'aurais tort de ne pas m'y prêter de bonne grâce. C'est la plus belle preuve d'amour que je puisse lui donner pour le moment.

dimanche, février 05, 2006

Pierogi


Les Pierogi sont donc de petits ravioli polonais. On prépare d'un côté une farce à base de fromage blanc compact, d'oignons braisés, d'ail et de pommes de terre ; de l'autre une pâte à base de farine, d'oeufs, de lait et d'eau. Une fois la pâte aplanie, on découpe des petits ronds avec un verre à eau et on y dépose la farce avant de former une demi-lune et de sceller les bords avec les doigts. Une fois qu'ils sont prêts et fermement scellés on les jette dans l'eau bouillante par petits lots de cinq ou six qu'on égoutte ensuite avant de servir avec quelques morceaux d'oignons roussis. Ca demande un peu de patience à faire mais ce n'est pas compliqué et franchement bon.
K est arrivée en tout début d'après-midi avec un fromage blanc de son pays et un hachoir à viande pour préparer la farce. Le matin elle était passé à la banque pour entamer les démarches de clôture des comptes-communs du couple polonais. De mon côté j'étais allé cherché les autres ingrédients nécessaires à la recette.
Après nous être retrouvés autour d'un café et avoir fait une petite sieste nous nous sommes mis au travail tout en dégustant une bouteille de Puisseguin Saint Emilion agrémenté d'une baguette croustillante à souhait et d'un beau morceau de Comté. En quelques minutes la cuisine s'est transformée en champ de bataille. Il y avait de la farine partout et plus de vaisselle que pour un dîner de quinze personnes. Nous travaillions à la réalisation de nos pierogi en parfaite harmonie tout en riant et en dansant. Un moment de pur bonheur.
Nous avons ensuite avalé ces petites choses élaborées de nos quatre mains. Cette première réalisation commune était parfaitement réussie.
Le dîner terminé K a appelé sa famille sur Skype depuis mon adresse. C'était rassurant de la voir les appeler depuis chez moi comme s'il s'agissait d'une chose établie. Lorsque je l'interroge a ce sujet, elle me répond que son entourage ne l'a jamais vue aussi heureuse et qu'ils m'aiment déjà. Sa soeur va d'ailleurs se mettre au français.
Il y a quelque chose de fantastique avec K. Elle réussit à rendre tous les moments passés avec elle, même les plus anodins, parfaitement magiques. Faire la cuisine, voire la vaisselle avec elle sont des moments remplis de joie, de bonne humeur et d'amour.
A la question "Comment sais-tu que tu es amoureux ?", la réponse m'est apparue évidente : j'ai envie de devenir meilleur pour elle.

mardi, janvier 31, 2006

Le plus beau matin du monde


Nous nous sommes retrouvés au Café de l'Industrie au sortir de son cours de russe. Comme j'avais un peu faim après quatre jours de régime pains surprises et macarons, j'ai voulu l'emmener dans un très bon italien tout proche de Bastille. Il était fermé et nous avons atterri dans un petit restaurant sympa situé rue Amelot, la Vache Acrobate. Nous y avons bien mangé tout en parlant de choses agréables. Nous sommes ensuite allé boire un coktail au Murano, un bar ultra-chic sur les Boulevards connu pour son très large choix de vodkas. Du coup, tout à boire et à nous embrasser, nous n'avons pas vu le temps et le dernier train passer. Nous sommes dès lors rentré chez moi où pour la première fois elle a passé la nuit. Le réveil au matin et le petit déjeuner au lit qui s'en sont suivis resteront parmi mes souvenirs les plus chers.
Je suis encore plus amoureux et je suis sûr qu'elle aussi.
En sortant ce matin, le soleil était déjà levé, le ciel était très bleu comme ses yeux et Paris baignait dans cette lumière hivernale qui lui ressemble tant.
Nous avons réussi à cacher notre émotion en arrivant au bureau, tous deux en retard mais à quinze minutes d'intervalle.
Séparés cette après-midi, nous nous sommes fixés rendez-vous ce soir pour un dernier baiser gare de l'Est avant qu'elle ne rejoigne ses pénates.
Je sais que la soirée sera difficile pour K et elle me manque.
Il y a maintenant chez moi un pyjama qu'elle a emprunté, une brosse à dent que je lui ai donnée, sa montre qu'elle a oubliée et son parfum qui flotte dans ma chambre. Ce n'est pas grand chose mais K a en quelque sorte investi les lieux et ça me plaît beaucoup.

lundi, janvier 30, 2006

Raison et projets


Les salons se suivent et ne se ressemblent pas.
Cette semaine se tient à Paris "Maison et Objet", salon auquel nous participons pour la première fois depuis 2001. Nous nous présentons avec notre nouvelle image consécutive à tous les changements survenus ces derniers mois. De nouvelles formes apparaissent : de jolies jeunes femmes endossent des fluides vêtements d'intérieur appelés "relaxwear" imaginés par des oies blanches dans de nouveaux matériaux luxueux. Elles se promènent sur notre stand qui en est devenu l'un des événements du salon. Des journalistes viennent faire des interviews et des photos. Notre nouveau patron apparaît dans les pages économiques du Figaro et à la une des journaux professionnels. Nous rencontrons avec enthousiasmes les acheteurs de grands magasins à travers le monde friands de nouveautés pouvant leur amener une nouvelle clientèle. Tout le monde ne comprend pas la démarche mais globalement l'ambiance est positive et moderniste. Il semble qu'un avenir radieux nous sourit.
A l'inverse, notre directeur industriel - amaigri de dix kilos - reçoit des appels anonymes durant la nuit et s'est pointé sur le salon avec sa Peugeot 607 taguée d'un rouge "a licencié 163 personnes"
Ce matin je me suis trouvé par hasard dans le RER m'amenant de Paris au salon nez à nez avec notre ancien PDG. Tout bronzé et décontracté au retour des Maldives, il était accompagné de son épouse pour acheter quelques produits pour agrémenter l'offre de leurs magasins payés par ses indemnités salariales perçues pour bons et loyaux services. Et ce alors que sa gestion désastreuse a largement contribué au marasme que nous avons connu dernièrement. Allez comprendre.
A côté de moi dans le train se tenait K. Nous passons nos journées côte-à-côte dans une saine ambiance de travail. Nos déplacements de ces derniers mois portent leurs fruits et tous les contacts pris se concrétisent. Nous passons la journée ensemble mais sans un seul moment d'intimité. Vendredi soir, usant de mille ruses et à deux pas de nous faire coincer, nous avons réussi à nous ménager une très agréable soirée à deux. Samedi et dimanche elle a dû rentrer chez elle alors que j'étais pris par d'autres engagements. C'est très étrange cette proximité sans intimité. Elle me manque alors que nous sommes ensemble toute la journée. Lorsqu'elle est chez elle, elle subit des brimades continuelles. Elle tient cependant à boire le calice jusqu'à la lie. Durant cette "période d'essai", il n'y aura pas de faux pas de sa part. Elle se l'est promis et c'est à ce prix qu'elle pourra accepter son choix. C'est quelque chose d'étrange pour moi et certainement lié à la notion de pêché et d'expiation répandue dans la très catholique Pologne. Du coup elle dort peu, réveillée à toute heure par des promesses et des discours de reproches de son compagnon polonais. Se levant malgré tout très tôt pour pouvoir partager un café et un croissant avec moi en toute intimité avant la longue journée de labeur.
Alors parfois, lorsque je suis seul chez moi je m'inquiète un peu. Il m'est souvent difficile de trouver le sommeil pensant soit à l'épreuve qu'elle endure, soit au fait que rien n'est acquis et que demain elle pourrait changer d'avis. Et puis, il me suffit de voir ses grands yeux très bleu au matin et qu'elle me raconte les conditions de sa soirée ou de sa nuit avec son accent charmant et son vocabulaire qui empêche toute tricherie pour que je sois rassuré.
Nous parlons alors d'amour et de projets d'avenir.
Voilà deux soirs que nous nous séparons sans même l'occasion d'un baiser volé et c'est dur.
Mais demain nous savons que nous passerons une soirée rien qu'à nous et que ce se sera encore une fois merveilleux.

samedi, janvier 21, 2006

Les saisons passent, l'amour reste




Ce week-end K est là-bas pour raconter les derniers développements et trouver le réconfort auprès de sa famille.
On s'appelle tout le temps.
Je la sens très amoureuse et je le suis aussi.

mardi, janvier 17, 2006

Vendredi 13

Ce Mardi 10 janvier je commençais la journée par un petit déjeuner très matinal avec K à la maison. Un moment agréable et privilégié avant de devoir m'envoler plus tard dans la journée pour Francfort. Il s'agit d'un pèlerinage annuel que j'effectue depuis dix ans avec de moins en moins de plaisir. Rendez-vous obligé de la profession, j'y vois année après année la taille de notre métier décliner au profit des Chinois, Indiens, Turcs et Pakistanais. A la suite des licenciements massifs qui ont été annoncés dans notre groupe en Italie et en France, nous jouions profile bas et l'ambiance n'était pas vraiment à la fête.
K. m'appelai de temps à autre durant l'après-midi prétextant à chaque fois une question professionnelle et m'apportant un rayon de soleil dans ce hangar privé de lumière diurne. Dans la soirée nous avons eu encore une longue conversation téléphonique plus privée avant que j'aille dîner avec quelques collègues.
Le lendemain se déroulai sur le même mode. Conversation le matin et puis le soir. Quelques appels pseudo-professionnels durant la journée. Notre conversation du soir a été écourtée par un ultime rendez-vous tardif sur le salon. Je ne pourrai plus la joindre après. Elle avait prévu de se rendre au cinema avec son ami polonais. Nous nous laissâmes donc avec la promesse d'un appel matinal pour pouvoir se parler plus librement.
Rentré du dîner j'envoyai un texto lui souhaitant affectueusement bonne nuit. Il est resté sans réponse. Le lendemain matin tôt, pas d'appel et elle reste injoignable. Vers 10h00 elle n'est toujours pas au bureau. J'apprends un peu plus tard par mon assistante qu'une forte migraine l'immobilise chez elle et qu'elle ne se présentera pas au bureau de la journée. Je suis un peu rassuré mais je trouve étrange qu'elle appelle le bureau et pas moi. La journée et la soirée se passent d'un rendez-vous professionnel à l'autre. Le soir dîner avec quelques huiles italiennes. De plus en plus inquiet que je suis de ne pas avoir de nouvelles de K, je suis un peu absent.
Rentré à l'hôtel vers 23h00 je lui envoie un dernier texto d'affection et de prompt rétablissement. A peine le message envoyé, elle me rappelle. Je m'apprête à pousser un ouf de soulagement. C'est alors que je me rends compte que la voix qui répond est masculine avec un fort accent. Je comprends immédiatement. En substance le message n'est pas très subtil et le vocabulaire limité : "Arrête avec ces messages connard". Je lui réponds de ne pas m'appeler connard pour commencer. La réponse est tout aussi laconique : "Va te faire foutre connard". Ensuite il raccroche. J'aurais bien voulu prendre des nouvelles de K. mais la conversation est restée trop brève. J'ai d'abord pensé envoyer un nouveau texto, mais ça m'a finalement paru peu opportun. Il aurait certainement pris mon message pour de la provocation. Appeler me semblait tout aussi inutile. J'ai essayé de joindre K sur son autre téléphone mais la ligne était coupée. J'ai ensuite passé une nuit blanche à examiner toutes les hypothèses possibles. J'en suis arrivé à la conclusion que le Polonais était tombé sur un ou plusieurs de mes messages. Qu'une fois le pot aux roses dévoilé il s'était montré violent et avait sans-doute battu ou séquestré K. J'étais transi d'inquiétude pour elle et je me sentais terriblement impuissant et coupable d'être si loin. Au levé du jour ce vendredi 13, j'en étais à penser à faire envoyer la médecine du travail à son domicile pour faire vérifier que mon employée portée pâle l'était effectivement. S'il y avait quelque chose de louche, ils sauraient quoi faire. Ainsi je cogitais lorsque le téléphone sonna. En voyant le nom de K apparaître sur l'écran je me demandais si ce serait la belle ou la brute qui répondrait. Quelle joie d'entendre le petit accent de K répondre "allô" ! Je m'enquis immédiatement de sa santé. Elle allait bien mais n'avais pas le moral. Elle me racontât que l'avant-veille, rentrant du cinema, son ami pris d'une soudaine intuition lui demanda si elle avait quelqu'un d'autre dans sa vie et là, épuisée de temps de mensonges, elle a tout avoué. Ils ont parlé toute la nuit et toute la journée. D'abord à deux puis avec une amie à eux, la seule confidente de K en France. Il s'était montré parfois violent verbalement, heureusement jamais physiquement, parfois désespéré, parfois incompris. Il a entamé une guerre psychologique faite de menaces et promesses qui l'ont laissée épuisée le jeudi soir où elle s'est endormie de tout son soûl mais sans avoir renoncé à sa décision. C'est alors que la bête blessée m'a appelé. C'est donc détruite moralement que K m'appelait avec une toute petite voix. Je lui demandai si elle voulait que je prenne un avion dans la journée pour la rejoindre. J'avais envie de me réjouir de tous ces événements que j'attendais, mais la sentir si lasse et si triste me désespérait. Elle me répondit que ça irait. Je lui proposai de prendre un avion plus tôt le lendemain. Elle acceptât immédiatement, me prévenant que je ne devais pas m'attendre à la trouver très enjouée à mon égard. J'en suis venu à lui faire avouer qu'elle m'en voulait un peu de ce qui lui arrivait. La guerre psychologique avait produit quelques effets.
Le lendemain, arrivé en début d'après-midi à l'aéroport Charles-de-Gaule elle m'appela pour me dire qu'elle serait dans une quarantaine de minutes chez moi. La concordance était parfaite. Elle me répéta qu'elle ne serait pas très tendre envers moi. J'étais toujours partagé entre la joie et l'inquiétude. Arrivé devant chez moi, elle me rappela pour me dire qu'elle arriverait d'ici quelques minutes. En montant les escaliers je pensai que lorsque je les avais descendu la dernière fois, c'était avec elle. Ca me sembla de bon augure. Le temps de poser ma valise elle arriva. Je descendis pour l'accueillir. Nous tombâmes dans les bras l'un de l'autre sur le premier palier. Le simple fait de me voir avait dissipé tous ses doutes et les miens. Que c'était bon de la voir intègre et de la serrer dans mes bras. Nous nous embrassâmes longuement et à plusieurs reprises avant qu'elle ne me raconte tout plus en détail. La conclusion en est qu'après avoir voulu me tuer, je ne sais trop comment, il avait demandé une période probatoire d'un mois. Au vu des nombreuses années passées ensemble et de sa situation difficile, elle a accepté. Un mois me semble long mais sachant que nous nous verrons tous les jours durant cette période, je ne me fais pas beaucoup de soucis. Aujourd'hui elle m'a annoncé qu'il ne ferait pas d'histoire pour le dépacsage (j'ai peut-être omis de vous dire que K était pacsée). Dans l'intervalle on continue à se trouver de merveilleux petits rendez-vous clandestins et romantiques. Elle m'a cependant demandé durant ces quatre semaines de ne pas l'empêcher de rentrer chez elle le soir pour ne pas trop le faire souffrir. Je comprends et j'approuve. K se plie à cette obligation même si souvent les soirées sont moralement difficiles à vivre pour elle. Je l'admire pour cela aussi. Le week-end prochain elle part en Pologne trouver le réconfort dans sa famille. Le week-end suivant elle sera essentiellement avec moi, le temps d'un salon professionnel à Paris. Demain matin nous avons rendez-vous pour un petit déjeuner chez moi. L'amour a de l'avenir.

lundi, janvier 09, 2006

Tout s'arrange

Hier soir tard un message de K me disant combien elle m'aime,à quel point je lui ai manqué et me confirmant notre rendez-vous de ce matin.
Ce matin nos retrouvailles. Ces yeux où il m'est impossible de voir la tromperie. Ensuite mon cadeau qui lui a fait tant plaisir. Nos baisers échangés dans ce bar glauque faceà la gare de l'Est et notre baiser à l'extérieur qui me faisait penser à un autre.

Notre déjeuner précipité. ses grands yeux clairs illuminés par le soleil d'hiver. Sa promesse spontanée de lui parler très bientôt. Notre rendez-vous de demain matin pour un petit déjeuner à la maison. Tout est merveilleux comme au premier jour.

dimanche, janvier 08, 2006

29 ans et une larme

Toute la semaine K et moi nous nous sommes fixés des petits rendez-vous.
Lundi d'abord. Nous étions en congés. Je suis passé la prendre gare de l'Est. Promenade le long du Canal Saint Martin et dans des petits lieux secrets autour de l'hôpital Saint Louis. Nous avons ensuite passé le début de soirée ensemble chez moi avant qu'elle doive rentrer chez elle. On s'est retrouvé mardi matin pour un café avant de partir travailler. Mercredi relâche. Jeudi nous avions un séminaire dans le Pas-de-Calais. Nous dormions sur place. Le soir je suis passé par la fenêtre de ma chambre pour rentrer dans la sienne par le même chemin. Le lendemain matin nous reprenions le train pour Paris. Arrivés Gare du Nord nous avons pris la direction de mon appartement plutôt que celle du bureau. Tous ces moments volés et ces subterfuges mettent du piquant et ajoutent encore à la romance. C'est assez bien mais incomplet. Aussi en fin de matinée, nous étions allongés côte-à-côte, j'avais ma joue contre la sienne et nous parlions. Il était prévu que ce samedi nous préparions ensemble des pierogi. Ce sont des sortes de petits ravioli polonais. Nous nous étions promis ça en début de semaine et je me faisais une joie de partager ce moment culinaire avec elle. D'autant que nous serions à la veille de son anniversaire. Lorsque je lui demande ce que je devrai aller chercher comme ingrédients, elle me dit que ça ne va pas être possible. Elle a eu vent que des amis lui préparaient une soirée d'anniversaire surprise et qu'il fallait qu'elle soit là. Ma déception est grande mais j'essaye d'en laisser paraître le moins possible. Je lui reproche quand même gentiment de ne rien en avoir dit plus tôt. La conversation reste tendre mais je lui demande de ne rien me cacher. Si la situation n'est pas facile pour elle, elle ne l'est pas non plus pour moi. Je lui explique que la confiance dans ces circonstances est très importante. Ensuite bien entendu j'en reviens à remettre l'accent sur le fait qu'il faut qu'elle soit sincère d'un côté comme de l'autre et qu'il faut qu'elle lui parle tôt ou tard et plutôt tôt que tard. J'argumente sur le fait que si elle n'est pas sincère avec lui, comment pourrai-je être sûr à l'avenir de sa fidélité et de son honnêteté envers moi. En somme, je lui mets une douce pression. Elle écoute ne dit pas grand chose. Il n'y a pas grand chose à dire d'ailleurs. Nous sommes toujours allongés côte-à-côte dans la pénombre, sa joue contre la mienne et là, je sens une larme couler de sa joue sur la mienne. Pas de sanglot, pas de reniflement, juste une seule toute petite larme.
Alors bien sûr je fonds et je suis encore un peu plus amoureux, si tant est que ce soit possible.
L'incident est clos rapidement. Nous retrouvons tous deux notre bonne humeur avant de prendre l'un et l'autre, séparément à dix minutes d'intervalle, le chemin du bureau.
Le soir elle rentre chez elle et je passe la soirée avec Jean-Philippe et Jacqueline. Restaurant Chez Georgette, une bière au Tribal et quelques Mojitos à la Favela Chic. A 5 heures du matin, tout le monde rentre dormir chez moi. Nous prenons ensemble le petit déjeuner et peu après leur départ K m'appelle. Nous parlons pendant près de deux heures. La conversation est agréable. Elle me raconte ses difficultés actuelles. Pourquoi ça lui est si difficile de parler mais elle me comprend et comprend la nécessité d'être sincère. Simplement c'est pas facile. Nous parlons aussi des nombreuses choses que nous ferons lorsque nous serons vraiment à deux. On parle aussi de choses légères et le temps passe vite. Finalement il me faut la laisser. Elle doit se préparer pour aller à 18h00 prendre un "café" chez ses amis. Je suis confiant et de bonne humeur. Je me douche, je m'habille et je vais lui chercher une montre- elle n'en porte pas - comme cadeau d'anniversaire. Beau cadeau et façon délicate de lui rappeler discrètement que le temps passe.
Le soir j'étais invité par Jean-Philippe à un dîner avec des gens de la télé. Ca ne me tentait pas trop et j'ai décliné en dernière minute. Rentré à la maison je reçois un appel d'une amie italienne qui est à Paris et qui souhaiterait me voir. Nous avions eu une brève aventure par le passé. Sa proposition est ambiguë mais j'accepte une fois que j'apprends que nous ne serons pas seuls et que sa soirée est programmée. Je vais la rejoindre pour un verre dans un bar mode près de Bastille. Nous discutons de banalités. Ils se rendaient ensuite à une soirée VIP aux Bains-Douches. Elle m'invite à les suivre mais je décline encore une fois et je rentre dormir. Le temps d'obtenir un taxi, il était 2h30.
Ce dimanche matin je commence par envoyer un mail à K. pour lui souhaiter bon anniversaire. Elle me rappelle immédiatement. Elle est encore chez elle mais attendue pour aller elle ne sait pas où. Elle a peu dormi mais sa soirée de la veille lui a beaucoup plu et elle est en forme. Bizarrement ça ne me plaît pas trop. Elle a beau m'adresser plein de mots d'amour par téléphone et me dire qu'elle pense à moi, à nous et tout ça, je ne me sens plutôt inquiet. Lorsqu'elle est chez elle, je préfère la savoir déprimée qu'en forme. C'est pas très généreux mais ça me rassure. Là je me dis que son fiancé va lui faire voir pour son anniversaire tout ce qui est possible pour la reconquérir. Et surtout... elle a accepté l'invitation. Je n'en laisse rien paraître, je ne voudrais pas lui gâcher cette journée, mais je n'en mène pas large.
A peine avons-nous raccroché que je reçois un texto de l'Italienne qui me dit ne s'être pas amusé à la soirée, être rentré tôt et avoir rêvé de moi toute la nuit. C'est délicat. Je le lui demande comment arranger ça. Elle me propose un petit déjeuner et une sieste. Je décline gentiment, lui proposant un cinéma. L'horaire ne l'arrange pas mais elle me propose d'aller boire un chocolat après la séance. Je me dis que je lui dois bien une explication et j'accepte.
Toujours pas très en forme et avec une foutue boule dans la gorge, je sors ensuite voir King-Kong. Bien que jouant sur des schémas très commerciaux (un peu de Titanic, un peu de Jurassic Park, et beaucoup de King Kong) le film est très bien foutu et fonctionne bien. L'idée de Peter jackson d'avoir resitué l'action dans les années '30 et d'avoir conservé comme dans le film original une structure en 4 tableaux (introduction - traversée - île - New-York) fonctionne très bien. Qui plus est les acteurs (Naomi Watts, Jack Black et Adrien Brody) y sont très convaincants. La bête paraît très crédible. J'ai été pris du début à la fin. Ca m'a changé les idées.
Ensuite rendez-vous avec mon amie italienne. Nous tournons autour du pot. Parlons de choses et d'autres sans importance. Elle paraît embarrassée et je suis distant. Finalement je lui avoue ce qui s'est passé récemment dans ma vie. Je lui parle brièvement de K et lui explique que, bien que ce ne soit pas facile aujourd'hui, je suis très attaché à lui rester fidèle. Quand j'ai fini elle a les yeux un peu humides et je la sens déçue. Pas de drame cependant. Nous discutons encore un peu et ensuite je la laisse partir.
Rentré chez moi, toujours pas un signe de K. Je ne suis pas très en forme. Je vais aller dormir en pensant à nos beaux lendemains. Je sens que j'ai raison d'y croire. Même si j'aurais préféré que ce dimanche se passe différemment.

mercredi, décembre 28, 2005

Voyage dans le Nord

K. et moi avions rendez-vous à Stockholm ce mardi 20 décembre dans la soirée. Elle arrivait d'Oslo et moi de Paris.
Passer le solstice d'hiver dans ces contrées requiert un certain courage. L'ensoleillement se limite à quatre ou cinq heures par jours et les températures oscillent entre zéro et moins quinze.
Alors que j'attendais l'avion à Roissy je souhaitais secrètement que l'avion de K. ait du retard et que le mien soit à l'heure. Elle m'attendrait dès lors à l'aéroport. Après tous ces voyages à débarquer seul dans des villes inconnues, le simple fait que quelqu'un vous attende à l'aéroport est un pur bonheur.
Mon voeu a été exaucé. Arrivé à la réception des bagages, K. était là. Quelle joie de la voir assise sur un grand chariot à m'attendre. Nous avons couru l'un vers l'autre et nous sommes embrassés. En fait je crois que nous n'avons fait que ça pendant trois jours. Ce n'est pas vrai bien sûr, mais c'est le souvenir qui me reste de ces trois jours.
Pour reprendre le fil, nous avons emprunté l'express qui relie l'aéroport de Stockholm au centre-ville, nous tenant par la main et nous embrassant. K. m'a fait un rapport détaillé de ses visites des deux derniers jours à Oslo. C'était sa première mission en solo. J'ai essayé de l'écouter mais, noyé dans ses yeux, je n'ai pas retenu grand chose. Arrivés à la gare centrale nous avons pris un taxi qui nous a conduit à notre hôtel dans la vieille ville. Stockholm n'est pas une très belle ville, exception faite de ces quelques rues qui serpentent entre les canaux autour du palais royal et du parlement. J'avais dîné dans l'avion. K. avait l'estomac vide. Vu l'heure tardive, elle a dû se contenter d'un sandwich dans un bar à tapas. Ensuite, malgré le froid glacial, nous avons fait quelques pas dans le centre historique avant de nous réfugier dans un pub qui était sur le point de fermer. Il était passé une heure du matin. Nous avons marché main dans la main jusqu'à l'hôtel. C'était un petit hôtel de charme au confort spartiate mais suffisant. Arrivés devant la porte de sa chambre, nous nous sommes encore embrassés langoureusement et longuement. K. m'a finalement fait entrer et nous avons passé notre première nuit ensemble. Nous avons très peu dormi. Ca n'avait pas beaucoup d'importance. Au matin nous n'étions pas fatigués.
M'endormir et m'éveiller à son côté restera une expérience inoubliable. Sa peau est chaude et soyeuse. Les contours de son corps invitent à la tendresse. Je souhaiterais revivre ces moments à l'infini.
Durant la très courte journée, nous avons réussi à tenir nos trois rendez-vous avant de nous envoler à l'heure pour Helsinki.
Helsinki n'offre à priori aucun charme aux visiteurs. L'architecture ne semble avoir aucune histoire à raconter. Nous n'avons pas trouvé de centre historique et tout semble se fermer vers 23h00. Toujours noyé dans les yeux de K. je ne garde pas de souvenirs très précis du voyage Stockholm-Helsinki, si ce n'est que nous avons fait déménager la moitié de l'avion pour pouvoir être assis côte-à-côte. L'hôtel n'était vraiment pas recommandable. Nous avions deux petites chambres mitoyennes. L'une nous servira à entreposer les bagages, l'autre à dormir. Malgré la vétusté de l'hôtel et le peu de charme de la ville, ces deux nuits auront été merveilleuses. Nous avons appris à mieux nous connaître et nos peaux à se reconnaître. Les "nie wolno" sont tombés les uns après les autres. Je ne me souviens pas avoir été aussi bien par le passé. C'est là que je lui ai dit pour la première fois "je t'aime" et qu'elle m'a demandé de le répéter encore et encore. En polonais ça se dit "Kocham cie" et c'est pas mal non plus.

La journée du jeudi a été fructueuse professionnellement. Nous avons passé des accords avec des distributeurs importants qui devraient nous permettre d'accroître substantiellement notre chiffre d'affaires dans le grand nord. Je ne sais pas où nous avons trouvé la concentration. L'un des rendez-vous se tenait en périphérie de la ville. Nous avons traversé un fjord. La lumière était splendide (il était midi) et tout alentour était blanc. Ca semblait irréel. J'étais au téléphone avec le bureau, la main de K. dans la mienne et, ébloui par tant de beauté, je ne parvenais plus à aligner deux mots.
En fin de journée nous avons fait un peu de shopping au centre ville, nous réfugiant de temps à autres dans des cafés pour nous réchauffer, K. m'apprenant mes premiers mots de polonais : "hoinka", "filijanka", "kocham cie", "uwielbiam cie". J'écris phonétiquement, ça me semble déjà extrêmement compliqué oralement. Mais avec un professeur tellement charmant comment ne pas apprendre.
La nuit qui a suivi a été aussi belle que celle de la veille et de l'avant-veille. Nous avons dîné d'une pizza dans la chambre aux bagages avant de nous retrouver dans la chambre à coucher.
Le lendemain matin nous nous sommes levés à 6h30 pour attraper le premier vol pour Paris. Overbooking. Retard. Tout cela n'avait pas beaucoup d'importance. A nouveau nous avons dû faire déménager tout l'avion pour pouvoir voyager ensemble. Finalement on nous a appelé en business. Nous n'avons cessé de nous embrasser durant les trois heures de vol. L'hôtesse nous trouvait tellement adorables qu'elle était pleine d'attention à notre égard. Je crois que nous émanions le bonheur.
Arrivés à Paris, je n'avais pas trop envie d'aller au bureau. J'ai orienté le taxi vers chez moi où nous avons passé toute l'après-midi et le début de soirée. J'ai dû ensuite la raccompagner vers son train. Ca m'a demandé beaucoup de volonté de rester stoïque. J'ai trouvé la volonté dans la certitude que l'avenir nous appartient et qu'il sera beau. Je l'ai vue disparaître, les lèvres et le nez rougis par tant de baisers échangés. J'ai ensuite erré entre quelques boutiques encore ouvertes dans le quartier des Halles sans réussir à y trouver grand chose. J'étais encore sous le charme de son odeur sur ma peau et de la brûlure de ses lèvres sur les miennes.

Nous avons peut-être vécus cette semaine ce qui restera parmi nos plus beaux moments. Oh ! il y en aura beaucoup d'autres au moins aussi merveilleux mais il ne me faudra jamais oublier ces instants là. Si dans un avenir que je souhaite lointain le doute ou la lassitude m'assaillent, il me faudra repenser à la magie de ces quelques jours et tout ira bien.

lundi, décembre 19, 2005

Elaeudanla Téitéia

J'avais envoyé il y a une dizaine de jours un message énigmatique à quelques amis choisis :

"Le dimanche 18 décembre Assunta vient chez moi avec Laetitia.
Laetitia est belle, Laetitia est grande et pourtant on va la pendre.
Vous êtes conviés à partager ce beau moment avec moi à partir de 11h30 autour d'un solide brunch."

Le 18 novembre, c'était hier et effectivement, Assunta est arrivée avec Laetitia.
Tout le monde a été soulagé d'apprendre qu'Assunta est peintre et que Laetitia est l'un de ses tableaux que j'avais acquis il y a quelques semaines.

Malgré un couché très tardif samedi soir, je m'étais levé tôt pour me préparer à accueillir tout le monde. Le soleil perçait a travers les stores de ma chambre et le ciel était très bleu. La journée commençait bien.
La première à arriver fut K. Elle s'était proposée de venir un peu plus tôt pour m'aider et pour que nous ayons un petit moment d'intimité tous les deux. L'intimité a pris le dessus sur les préparatifs.
Vers 11h00 est arrivée Jacqueline, ensuite Fabrice. Vers 12h45 K. a dû partir. Elle n'aura pas vu Leatitia. Ce n'est en effet qu'une demi-heure plus tard qu'Assunta est arrivée.
Toute l'après-midi et jusque dans la soirée des amis se sont succédés. Nous avons finalement accroché Laetitia en toute fin d'après-midi, le ventre bien plein et après avoir éclusé pas mal de bouteilles de champagne. L'opération était un peu délicate vu notre état et la taille du tableau (120x150) mais accomplie avec brio.

Maintenant elle est là sur mon mur et je passe beaucoup de temps à la regarder.
A chaque fois que je rentre dans la pièce elle m'enchante.
Je crois que l'acquisition d'une oeuvre d'art est une des expérience les plus gratifiantes qu'il nous soit donné de faire.
Demain je vais devoir la laisser pour quelques jours. Elle va me manquer mais pas tant que ça. Je vais rejoindre K. à Copenhague. Je sais que Laetitia ne sera pas jalouse et que j'aurais beaucoup de plaisir à la retrouver à mon retour.

jeudi, décembre 15, 2005

On ne rigole pas tous les jours

Le linge Descamps quitterait le Nord ?

F3 NPDCP

"Le site de Noyelles-sur-Selle est occupé depuis le 7 décembre, les camions ne peuvent plus entrer ni sortir de l'usine. Les salariés attendent des propositions de la direction qui déclare que la décision dépend du groupe italien propriétaire de l'usine.

L'hécatombe se poursuit dans le secteur textile régional. Cette fois ce sont 163 salariés qui sont menacés de licenciement. La direction de leur usine Descamps à Noyelles-sur-Selle, entre Valenciennes et Cambrai, envisagerait la fermeture du site pour le premier trimestre 2006.

Pour les salariés âgés en moyenne d'une cinquantaine d'années et souvent peu qualifiés, l'hypothèse d'une fermeture est synonyme de longues années de chômage à venir. "On s'est sacrifié à venir travailler parfois six jours sur sept, on s'est investi quotidiennement pour que l'entreprise fonctionne bien et voilà comment on nous remercie", déclarait une salariée à l'entrée du site jeudi 8 décembre.

Depuis la veille, la plupart des autres salariés bloquent l'usine et veulent que leur avenir soit pris en compte par la direction. Les syndicats attendent des propositions de la direction. Mais cette dernière assure que la décision dépend de l'Italien Zucchi, propriétaire de Descamps.

En France Descamps a déjà supprimé 600 emplois dans une demi-douzaine de plans sociaux au cours de ces cinq dernières années. La production du linge de maison est désormais délocalisée au Pakistan, en Chine ou en Tunisie. En juin dernier, à Nieppe (Nord), Descamps a supprimé 38 emplois. Quatre personnes ont retrouvé du travail depuis."


Je me suis battu pendant 10 ans pour fournir du travail à ce site où j'ai longtemps eu mon bureau et ça me fout les boules.

lundi, décembre 12, 2005

Il va falloir assurer :-D

De retour d'un merveilleux week-end familial et reposant, je suis passé chercher K. à son retour de Cracovie.
Rendez-vous Porte Maillot. La façade blanche du Palais des Congrès scintillait de myriades de petites lumières. Elle venait d'arriver. Elle me semblait toute petite seule devant ce grand édifice. J'ai couru vers elle. Elle a planté ses sacs là et couru vers moi. Nous nous sommes embrassés longuement. Sa décision est prise. Son avenir m'appartient. Passées les fêtes de fin d'année elle commence une nouvelle vie. Nous avons passé une heure ensemble parsemée de nombreuses étreintes à parler de mille choses. Des difficultés qui l'attendent. Des centaines de façons de dire s'embrasser en polonais. Nous étions sur un petit nuage. La vie est belle.

mercredi, décembre 07, 2005

Belle journée

Texto 1 : "Et moi j'adore être en retard avec toi, manger avec toi, chercher du pavot avec toi, caresser tes mains, t'embrasser, te regarder" K.

Texto 2 : "Je suis toute à toi" K.

C'est pas beau la vie ?

lundi, décembre 05, 2005

Sacré week-end


Aujourd'hui j'ai effectué un déménagement ; revu celle qui fut la femme de ma vie ; tourné une page ; ouvert une nouvelle ; fait connaissance avec ma nièce née quelques heures plus tôt.
Beaucoup d'émotion. Rires et larmes (de bonheur).
J'ai beaucoup appris et je voudrais vivre chaque journée aussi intensément.

samedi, décembre 03, 2005

Les amants du Pont des Arts

La journée commençait mal.
Problèmes de RER ce matin. J'ai dû en dernier recours prendre un taxi pour me rendre à l'aéroport.
Arrivé très juste, j'ai laissé mon portefeuille dans le taxi (toujours pas retrouvé).
Le vol retour a été difficile (turbulences). Sont venus s'ajouter d'autres problèmes de RER à l'arrivée. Je n'avais plus d'argent pour prendre un taxi.
Mais finalement la soirée a été magique.

dimanche, novembre 20, 2005

Yasmin Levy

Autre soir, autre concert, autre ambiance.
En bas de chez moi se trouve un lieu mythique que tous les amateurs de jazz connaissent : le New Morning. Ces dernières années la programmation est de moins en moins Jazz et de plus en plus World. Comme ce n'est pas ma tasse de thé je n'y vais plus trop souvent. Hier cependant je me suis laissé entraîner par une amie qui me proposait d'y aller écouter Yasmin Levy. Elle m'a vendu ça comme des chants Yiddish mixé avec du Flamenco. Autant dire que j'étais plus que sceptique.
La salle était comble, nous avons dû nous installer debout au bar (Roger, une Duvel ;) ) "Le groupe demande de ne pas fumer" et les musiciens sont montés sur scène avec près d'une demi-heure de retard. Autant dire que la miss ne partais pas qu'avec des avantages à mon égard.
Petite formation : elle au chant, un guitariste, deux percussionnistes et un clarinettiste/flûtiste.
Bon, d'entrée il faut reconnaître qu'elle est très jolie. Mais alors dès qu'elle commence à chanter, la voix est magnifique et vous ensorcelle.
Elle chante en espagnole des chansons qui trouvent leurs origines dans l'exile des juifs espagnols (Sepharades) qui ont fuit leur pays sous le règne de Ferdinand et Isabelle de Castille. Ils se sont retrouvés mêlés au maures qui avaient pris le même chemin. Est né une mixité musicale mêlant flamenco et musique traditionnelle arabe. L'exode se poursuivant sont venus s'ajouter des notes de musiques tsigane. Elle appelle ça le Ladino. La tradition s'est perpétuée oralement au fil des siècles jusqu'à ce que le père de la miss, Yitzhak Levy, parcourt le monde pour les trouver et les retranscrire. Les chants parlent d'exode, de solitude et d'amour. Amours perdues, amours impossibles, amours déçues. Ils sont parfois rythmés parfois doux mais toujours très émouvants. Et cette voix, bon dieu !
Entre chaque morceau Yasmin nous explique en quelques mots d'un anglais très moyen ("You cannot be beautiful, gentle, signing with a magnificient voice, and speak good English all together" - elle a de l'humour en plus) les origines de chacune des chanson et l'argument.
Au deuxième morceau après l'entracte (Roger, une Duvel ;) ) panne d'électricité. La miss ne se laisse pas démonter et récupère le truc a capella.
Evidemment le public est conquis - moi compris - et une fois la lumière et le son revenus nous sommes tous pendus à ses lèvres dans une très belle osmose.
Un beau moment.
En sortant j'ai acquis ses deux albums (et oui, je suis faible). Je vous conseille d'écouter le second "La Juderia", moins traditionnel que le premier, il est très bien.

samedi, novembre 19, 2005

Une belle soirée

J'habite un quartier populaire et animé. Certains soirs il est animé au sens qu'il a une âme. Tout est un peu plus beau. Les gens vous reconnaissent, vous sourient et vous parlent. Ce n'est pas tant le quartier qui est différent c'est simplement que vous irradiez une forme de bonheur que les passants ont envie de partager. Hier soir avec K. à mon bras j'ai vécu ce sentiment de vivre un moment magique dans des lieux ordinaires.
Je l'avais emmenée ans les endroits que j'affectionne et où en me connaît bien. Le DeLaVille Café et le Tribal après une rapide incursion au Théâtre de Verre. K. m'a dit beaucoup aimer ces endroits elle aussi. Nous avons terminé la soirée à la maison en compagnie de la Veuve Clicquot. Nous avons flirté, nous avons ri et nous avons beaucoup parlé. Ses sentiments ne font aucun doute pour elle comme pour moi. K. a m'a avoué avoir commencé à en pincer pour moi alors que nos pas laissaient des empreintes parallèles dans la neige à Moscou. Ca m'a fait plaisir et ça m'a réconforté. Ce n'est donc pas ma timide déclaration de Riga qui a provoqué son tourment. Me voilà innocenté en quelque sorte.
Le choix n'en reste pas moins difficile pour elle. Elle n'a pas grand monde à qui se confier à Paris, à part son ami polonais, qui n'est évidemment pas la bonne oreille.
L'horloge a tourné beaucoup trop vite et je l'ai raccompagnée à la gare de l'Est peu après minuit pour qu'elle prenne son dernier train. Les adieux sur le quai de la gare. Le baiser jusqu'à la fermeture de la porte. Toutes ces petites choses qui font se sentir un peu plus amoureux et un peu nostalgique.
Dès son départ, je savais que je n'aurai pas de nouvelles de K. avant plusieurs jours.
Patience. Time is on my side.

jeudi, novembre 17, 2005

Berlin


J'étais à Berlin aujourd'hui.
Juste un aller-retour dans la journée.
J'étais parti avec dans la tête l'album homonyme de Lou Reed (1973) ainsi que les disques de Bowie et Iggy Pop enregistrés un peu plus tard au mythique studio Hansa situé juste à côté du mur. La chanson Heroes y a d'ailleurs été écrite par un Bowie impressionné par la détermination de deux amoureux qui se retrouvaient tous les soirs sous un mirador pour s'embrasser. Je pensais bien sûr aussi aux Ailes du désir de Wenders. Bref tout un monde underground et passé dont j'aurais souhaité croiser quelques évocations.
Arrivé à 9h00 ce matin et reparti à 18h00 ce soir j'ai juste eu le temps d'aller voir le directeur d'un grand magasin haut de gamme (Kadewe) et de repartir vers l'aéroport. Certains voyages sont frustrants.
Ce n'est pas très grave. Le rendez-vous a été fructueux et je serai donc appelé à y retourner tôt ou tard. J'essaierai alors d'y rester plus longtemps.
C'est d'autant moins grave que demain soir j'ai rendez-vous avec K :-)
J'ai déjà eu droit à un autre moment volé avec elle hier soir. C'était très agréable.