Yasmin Levy
En bas de chez moi se trouve un lieu mythique que tous les amateurs de jazz connaissent : le New Morning. Ces dernières années la programmation est de moins en moins Jazz et de plus en plus World. Comme ce n'est pas ma tasse de thé je n'y vais plus trop souvent. Hier cependant je me suis laissé entraîner par une amie qui me proposait d'y aller écouter Yasmin Levy. Elle m'a vendu ça comme des chants Yiddish mixé avec du Flamenco. Autant dire que j'étais plus que sceptique.
La salle était comble, nous avons dû nous installer debout au bar (Roger, une Duvel ;) ) "Le groupe demande de ne pas fumer" et les musiciens sont montés sur scène avec près d'une demi-heure de retard. Autant dire que la miss ne partais pas qu'avec des avantages à mon égard.
Petite formation : elle au chant, un guitariste, deux percussionnistes et un clarinettiste/flûtiste.
Bon, d'entrée il faut reconnaître qu'elle est très jolie. Mais alors dès qu'elle commence à chanter, la voix est magnifique et vous ensorcelle.
Elle chante en espagnole des chansons qui trouvent leurs origines dans l'exile des juifs espagnols (Sepharades) qui ont fuit leur pays sous le règne de Ferdinand et Isabelle de Castille. Ils se sont retrouvés mêlés au maures qui avaient pris le même chemin. Est né une mixité musicale mêlant flamenco et musique traditionnelle arabe. L'exode se poursuivant sont venus s'ajouter des notes de musiques tsigane. Elle appelle ça le Ladino. La tradition s'est perpétuée oralement au fil des siècles jusqu'à ce que le père de la miss, Yitzhak Levy, parcourt le monde pour les trouver et les retranscrire. Les chants parlent d'exode, de solitude et d'amour. Amours perdues, amours impossibles, amours déçues. Ils sont parfois rythmés parfois doux mais toujours très émouvants. Et cette voix, bon dieu !
Entre chaque morceau Yasmin nous explique en quelques mots d'un anglais très moyen ("You cannot be beautiful, gentle, signing with a magnificient voice, and speak good English all together" - elle a de l'humour en plus) les origines de chacune des chanson et l'argument.
Au deuxième morceau après l'entracte (Roger, une Duvel ;) ) panne d'électricité. La miss ne se laisse pas démonter et récupère le truc a capella.
Evidemment le public est conquis - moi compris - et une fois la lumière et le son revenus nous sommes tous pendus à ses lèvres dans une très belle osmose.
Un beau moment.
En sortant j'ai acquis ses deux albums (et oui, je suis faible). Je vous conseille d'écouter le second "La Juderia", moins traditionnel que le premier, il est très bien.

1 Comments:
elle est belle cette fille! et l'autre photo sur scene c'est toi qui l'a prise? tu me copies des morceaux?
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