29 ans et une larme
Toute la semaine K et moi nous nous sommes fixés des petits rendez-vous.
Lundi d'abord. Nous étions en congés. Je suis passé la prendre gare de l'Est. Promenade le long du Canal Saint Martin et dans des petits lieux secrets autour de l'hôpital Saint Louis. Nous avons ensuite passé le début de soirée ensemble chez moi avant qu'elle doive rentrer chez elle. On s'est retrouvé mardi matin pour un café avant de partir travailler. Mercredi relâche. Jeudi nous avions un séminaire dans le Pas-de-Calais. Nous dormions sur place. Le soir je suis passé par la fenêtre de ma chambre pour rentrer dans la sienne par le même chemin. Le lendemain matin nous reprenions le train pour Paris. Arrivés Gare du Nord nous avons pris la direction de mon appartement plutôt que celle du bureau. Tous ces moments volés et ces subterfuges mettent du piquant et ajoutent encore à la romance. C'est assez bien mais incomplet. Aussi en fin de matinée, nous étions allongés côte-à-côte,
j'avais ma joue contre la sienne et nous parlions. Il était prévu que ce samedi nous préparions ensemble des pierogi. Ce sont des sortes de petits ravioli polonais. Nous nous étions promis ça en début de semaine et je me faisais une joie de partager ce moment culinaire avec elle. D'autant que nous serions à la veille de son anniversaire. Lorsque je lui demande ce que je devrai aller chercher comme ingrédients, elle me dit que ça ne va pas être possible. Elle a eu vent que des amis lui préparaient une soirée d'anniversaire surprise et qu'il fallait qu'elle soit là. Ma déception est grande mais j'essaye d'en laisser paraître le moins possible. Je lui reproche quand même gentiment de ne rien en avoir dit plus tôt. La conversation reste tendre mais je lui demande de ne rien me cacher. Si la situation n'est pas facile pour elle, elle ne l'est pas non plus pour moi. Je lui explique que la confiance dans ces circonstances est très importante. Ensuite bien entendu j'en reviens à remettre l'accent sur le fait qu'il faut qu'elle soit sincère d'un côté comme de l'autre et qu'il faut qu'elle lui parle tôt ou tard et plutôt tôt que tard. J'argumente sur le fait que si elle n'est pas sincère avec lui, comment pourrai-je être sûr à l'avenir de sa fidélité et de son honnêteté envers moi. En somme, je lui mets une douce pression. Elle écoute ne dit pas grand chose. Il n'y a pas grand chose à dire d'ailleurs. Nous sommes toujours allongés côte-à-côte dans la pénombre, sa joue contre la mienne et là, je sens une larme couler de sa joue sur la mienne. Pas de sanglot, pas de reniflement, juste une seule toute petite larme.
Alors bien sûr je fonds et je suis encore un peu plus amoureux, si tant est que ce soit possible.
L'incident est clos rapidement. Nous retrouvons tous deux notre bonne humeur avant de prendre l'un et l'autre, séparément à dix minutes d'intervalle, le chemin du bureau.
Le soir elle rentre chez elle et je passe la soirée avec Jean-Philippe et Jacqueline. Restaurant Chez Georgette, une bière au Tribal et quelques Mojitos à la Favela Chic. A 5 heures du matin, tout le monde rentre dormir chez moi. Nous prenons ensemble le petit déjeuner et peu après leur départ K m'appelle. Nous parlons pendant près de deux heures. La conversation est agréable. Elle me raconte ses difficultés actuelles. Pourquoi ça lui est si difficile de parler mais elle me comprend et comprend la nécessité d'être sincère. Simplement c'est pas facile. Nous parlons aussi des nombreuses choses que nous ferons lorsque nous serons vraiment à deux. On parle aussi de choses légères et le temps passe vite. Finalement il me faut la laisser. Elle doit se préparer pour aller à 18h00 prendre un "café" chez ses amis. Je suis confiant et de bonne humeur. Je me douche, je m'habille et je vais lui chercher une montre- elle n'en porte pas - comme cadeau d'anniversaire. Beau cadeau et façon délicate de lui rappeler discrètement que le temps passe.
Le soir j'étais invité par Jean-Philippe à un dîner avec des gens de la télé. Ca ne me tentait pas trop et j'ai décliné en dernière minute. Rentré à la maison je reçois un appel d'une amie italienne qui est à Paris et qui souhaiterait me voir. Nous avions eu une brève aventure par le passé. Sa proposition est ambiguë mais j'accepte une fois que j'apprends que nous ne serons pas seuls et que sa soirée est programmée. Je vais la rejoindre pour un verre dans un bar mode près de Bastille. Nous discutons de banalités. Ils se rendaient ensuite à une soirée VIP aux Bains-Douches. Elle m'invite à les suivre mais je décline encore une fois et je rentre dormir. Le temps d'obtenir un taxi, il était 2h30.
Ce dimanche matin je commence par envoyer un mail à K. pour lui souhaiter bon anniversaire. Elle me rappelle immédiatement. Elle est encore chez elle mais attendue pour aller elle ne sait pas où. Elle a peu dormi mais sa soirée de la veille lui a beaucoup plu et elle est en forme. Bizarrement ça ne me plaît pas trop. Elle a beau m'adresser plein de mots d'amour par téléphone et me dire qu'elle pense à moi, à nous et tout ça, je ne me sens plutôt inquiet. Lorsqu'elle est chez elle, je préfère la savoir déprimée qu'en forme. C'est pas très généreux mais ça me rassure. Là je me dis que son fiancé va lui faire voir pour son anniversaire tout ce qui est possible pour la reconquérir. Et surtout... elle a accepté l'invitation. Je n'en laisse rien paraître, je ne voudrais pas lui gâcher cette journée, mais je n'en mène pas large.
A peine avons-nous raccroché que je reçois un texto de l'Italienne qui me dit ne s'être pas amusé à la soirée, être rentré tôt et avoir rêvé de moi toute la nuit. C'est délicat. Je le lui demande comment arranger ça. Elle me propose un petit déjeuner et une sieste. Je décline gentiment, lui proposant un cinéma. L'horaire ne l'arrange pas mais elle me propose d'aller boire un chocolat après la séance. Je me dis que je lui dois bien une explication et j'accepte.
Toujours pas très en forme et avec une foutue boule dans la gorge, je sors ensuite voir King-Kong. Bien que jouant sur des schémas très commerciaux (un peu de Titanic, un peu de Jurassic Park, et beaucoup de King Kong) le film est très bien foutu et fonctionne bien. L'idée de Peter jackson d'avoir resitué l'action dans les années '30 et d'avoir conservé comme dans le film original une structure en 4 tableaux (introduction - traversée - île - New-York) fonctionne très bien. Qui plus est les acteurs (Naomi Watts, Jack Black et Adrien Brody) y sont très convaincants. La bête paraît très crédible. J'ai été pris du début à la fin. Ca m'a changé les idées.
Ensuite rendez-vous avec mon amie italienne. Nous tournons autour du pot. Parlons de choses et d'autres sans importance. Elle paraît embarrassée et je suis distant. Finalement je lui avoue ce qui s'est passé récemment dans ma vie. Je lui parle brièvement de K et lui explique que, bien que ce ne soit pas facile aujourd'hui, je suis très attaché à lui rester fidèle. Quand j'ai fini elle a les yeux un peu humides et je la sens déçue. Pas de drame cependant. Nous discutons encore un peu et ensuite je la laisse partir.
Rentré chez moi, toujours pas un signe de K. Je ne suis pas très en forme. Je vais aller dormir en pensant à nos beaux lendemains. Je sens que j'ai raison d'y croire. Même si j'aurais préféré que ce dimanche se passe différemment.
Lundi d'abord. Nous étions en congés. Je suis passé la prendre gare de l'Est. Promenade le long du Canal Saint Martin et dans des petits lieux secrets autour de l'hôpital Saint Louis. Nous avons ensuite passé le début de soirée ensemble chez moi avant qu'elle doive rentrer chez elle. On s'est retrouvé mardi matin pour un café avant de partir travailler. Mercredi relâche. Jeudi nous avions un séminaire dans le Pas-de-Calais. Nous dormions sur place. Le soir je suis passé par la fenêtre de ma chambre pour rentrer dans la sienne par le même chemin. Le lendemain matin nous reprenions le train pour Paris. Arrivés Gare du Nord nous avons pris la direction de mon appartement plutôt que celle du bureau. Tous ces moments volés et ces subterfuges mettent du piquant et ajoutent encore à la romance. C'est assez bien mais incomplet. Aussi en fin de matinée, nous étions allongés côte-à-côte,
j'avais ma joue contre la sienne et nous parlions. Il était prévu que ce samedi nous préparions ensemble des pierogi. Ce sont des sortes de petits ravioli polonais. Nous nous étions promis ça en début de semaine et je me faisais une joie de partager ce moment culinaire avec elle. D'autant que nous serions à la veille de son anniversaire. Lorsque je lui demande ce que je devrai aller chercher comme ingrédients, elle me dit que ça ne va pas être possible. Elle a eu vent que des amis lui préparaient une soirée d'anniversaire surprise et qu'il fallait qu'elle soit là. Ma déception est grande mais j'essaye d'en laisser paraître le moins possible. Je lui reproche quand même gentiment de ne rien en avoir dit plus tôt. La conversation reste tendre mais je lui demande de ne rien me cacher. Si la situation n'est pas facile pour elle, elle ne l'est pas non plus pour moi. Je lui explique que la confiance dans ces circonstances est très importante. Ensuite bien entendu j'en reviens à remettre l'accent sur le fait qu'il faut qu'elle soit sincère d'un côté comme de l'autre et qu'il faut qu'elle lui parle tôt ou tard et plutôt tôt que tard. J'argumente sur le fait que si elle n'est pas sincère avec lui, comment pourrai-je être sûr à l'avenir de sa fidélité et de son honnêteté envers moi. En somme, je lui mets une douce pression. Elle écoute ne dit pas grand chose. Il n'y a pas grand chose à dire d'ailleurs. Nous sommes toujours allongés côte-à-côte dans la pénombre, sa joue contre la mienne et là, je sens une larme couler de sa joue sur la mienne. Pas de sanglot, pas de reniflement, juste une seule toute petite larme. Alors bien sûr je fonds et je suis encore un peu plus amoureux, si tant est que ce soit possible.
L'incident est clos rapidement. Nous retrouvons tous deux notre bonne humeur avant de prendre l'un et l'autre, séparément à dix minutes d'intervalle, le chemin du bureau.
Le soir elle rentre chez elle et je passe la soirée avec Jean-Philippe et Jacqueline. Restaurant Chez Georgette, une bière au Tribal et quelques Mojitos à la Favela Chic. A 5 heures du matin, tout le monde rentre dormir chez moi. Nous prenons ensemble le petit déjeuner et peu après leur départ K m'appelle. Nous parlons pendant près de deux heures. La conversation est agréable. Elle me raconte ses difficultés actuelles. Pourquoi ça lui est si difficile de parler mais elle me comprend et comprend la nécessité d'être sincère. Simplement c'est pas facile. Nous parlons aussi des nombreuses choses que nous ferons lorsque nous serons vraiment à deux. On parle aussi de choses légères et le temps passe vite. Finalement il me faut la laisser. Elle doit se préparer pour aller à 18h00 prendre un "café" chez ses amis. Je suis confiant et de bonne humeur. Je me douche, je m'habille et je vais lui chercher une montre- elle n'en porte pas - comme cadeau d'anniversaire. Beau cadeau et façon délicate de lui rappeler discrètement que le temps passe.
Le soir j'étais invité par Jean-Philippe à un dîner avec des gens de la télé. Ca ne me tentait pas trop et j'ai décliné en dernière minute. Rentré à la maison je reçois un appel d'une amie italienne qui est à Paris et qui souhaiterait me voir. Nous avions eu une brève aventure par le passé. Sa proposition est ambiguë mais j'accepte une fois que j'apprends que nous ne serons pas seuls et que sa soirée est programmée. Je vais la rejoindre pour un verre dans un bar mode près de Bastille. Nous discutons de banalités. Ils se rendaient ensuite à une soirée VIP aux Bains-Douches. Elle m'invite à les suivre mais je décline encore une fois et je rentre dormir. Le temps d'obtenir un taxi, il était 2h30.
Ce dimanche matin je commence par envoyer un mail à K. pour lui souhaiter bon anniversaire. Elle me rappelle immédiatement. Elle est encore chez elle mais attendue pour aller elle ne sait pas où. Elle a peu dormi mais sa soirée de la veille lui a beaucoup plu et elle est en forme. Bizarrement ça ne me plaît pas trop. Elle a beau m'adresser plein de mots d'amour par téléphone et me dire qu'elle pense à moi, à nous et tout ça, je ne me sens plutôt inquiet. Lorsqu'elle est chez elle, je préfère la savoir déprimée qu'en forme. C'est pas très généreux mais ça me rassure. Là je me dis que son fiancé va lui faire voir pour son anniversaire tout ce qui est possible pour la reconquérir. Et surtout... elle a accepté l'invitation. Je n'en laisse rien paraître, je ne voudrais pas lui gâcher cette journée, mais je n'en mène pas large.
A peine avons-nous raccroché que je reçois un texto de l'Italienne qui me dit ne s'être pas amusé à la soirée, être rentré tôt et avoir rêvé de moi toute la nuit. C'est délicat. Je le lui demande comment arranger ça. Elle me propose un petit déjeuner et une sieste. Je décline gentiment, lui proposant un cinéma. L'horaire ne l'arrange pas mais elle me propose d'aller boire un chocolat après la séance. Je me dis que je lui dois bien une explication et j'accepte.

Toujours pas très en forme et avec une foutue boule dans la gorge, je sors ensuite voir King-Kong. Bien que jouant sur des schémas très commerciaux (un peu de Titanic, un peu de Jurassic Park, et beaucoup de King Kong) le film est très bien foutu et fonctionne bien. L'idée de Peter jackson d'avoir resitué l'action dans les années '30 et d'avoir conservé comme dans le film original une structure en 4 tableaux (introduction - traversée - île - New-York) fonctionne très bien. Qui plus est les acteurs (Naomi Watts, Jack Black et Adrien Brody) y sont très convaincants. La bête paraît très crédible. J'ai été pris du début à la fin. Ca m'a changé les idées.
Ensuite rendez-vous avec mon amie italienne. Nous tournons autour du pot. Parlons de choses et d'autres sans importance. Elle paraît embarrassée et je suis distant. Finalement je lui avoue ce qui s'est passé récemment dans ma vie. Je lui parle brièvement de K et lui explique que, bien que ce ne soit pas facile aujourd'hui, je suis très attaché à lui rester fidèle. Quand j'ai fini elle a les yeux un peu humides et je la sens déçue. Pas de drame cependant. Nous discutons encore un peu et ensuite je la laisse partir.
Rentré chez moi, toujours pas un signe de K. Je ne suis pas très en forme. Je vais aller dormir en pensant à nos beaux lendemains. Je sens que j'ai raison d'y croire. Même si j'aurais préféré que ce dimanche se passe différemment.

1 Comments:
que tout ça est triste, il ne faut pas se décourager, si c'est le vrai amour, tu le sauras, si ça ne l'est pas, tu le sauras aussi, mais reste très patient, et n'oublie pas, elle est très jeune!elle semble t'aimer, c'est certain! elle semble avoir difficile à se décider à dire quelque chose chez elle " ..." mais c'est un peu comme une vie dans un "clan" il faut la comprendre. :-))
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