Raison et projets

Les salons se suivent et ne se ressemblent pas.
Cette semaine se tient à Paris "Maison et Objet", salon auquel nous participons pour la première fois depuis 2001. Nous nous présentons avec notre nouvelle image consécutive à tous les changements survenus ces derniers mois. De nouvelles formes apparaissent : de jolies jeunes femmes endossent des fluides vêtements d'intérieur appelés "relaxwear" imaginés par des oies blanches dans de nouveaux matériaux luxueux. Elles se promènent sur notre stand qui en est devenu l'un des événements du salon. Des journalistes viennent faire des interviews et des photos. Notre nouveau patron apparaît dans les pages économiques du Figaro et à la une des journaux professionnels. Nous rencontrons avec enthousiasmes les acheteurs de grands magasins à travers le monde friands de nouveautés pouvant leur amener une nouvelle clientèle. Tout le monde ne comprend pas la démarche mais globalement l'ambiance est positive et moderniste. Il semble qu'un avenir radieux nous sourit.
A l'inverse, notre directeur industriel - amaigri de dix kilos - reçoit des appels anonymes durant la nuit et s'est pointé sur le salon avec sa Peugeot 607 taguée d'un rouge "a licencié 163 personnes"
Ce matin je me suis trouvé par hasard dans le RER m'amenant de Paris au salon nez à nez avec notre ancien PDG. Tout bronzé et décontracté au retour des Maldives, il était accompagné de son épouse pour acheter quelques produits pour agrémenter l'offre de leurs magasins payés par ses indemnités salariales perçues pour bons et loyaux services. Et ce alors que sa gestion désastreuse a largement contribué au marasme que nous avons connu dernièrement. Allez comprendre.
A côté de moi dans le train se tenait K. Nous passons nos journées côte-à-côte dans une saine ambiance de travail. Nos déplacements de ces derniers mois portent leurs fruits et tous les contacts pris se concrétisent. Nous passons la journée ensemble mais sans un seul moment d'intimité. Vendredi soir, usant de mille ruses et à deux pas de nous faire coincer, nous avons réussi à nous ménager une très agréable soirée à deux. Samedi et dimanche elle a dû rentrer chez elle alors que j'étais pris par d'autres engagements. C'est très étrange cette proximité sans intimité. Elle me manque alors que nous sommes ensemble toute la journée. Lorsqu'elle est chez elle, elle subit des brimades continuelles. Elle tient cependant à boire le calice jusqu'à la lie. Durant cette "période d'essai", il n'y aura pas de faux pas de sa part. Elle se l'est promis et c'est à ce prix qu'elle pourra accepter son choix. C'est quelque chose d'étrange pour moi et certainement lié à la notion de pêché et d'expiation répandue dans la très catholique Pologne. Du coup elle dort peu, réveillée à toute heure par des promesses et des discours de reproches de son compagnon polonais. Se levant malgré tout très tôt pour pouvoir partager un café et un croissant avec moi en toute intimité avant la longue journée de labeur.
Alors parfois, lorsque je suis seul chez moi je m'inquiète un peu. Il m'est souvent difficile de trouver le sommeil pensant soit à l'épreuve qu'elle endure, soit au fait que rien n'est acquis et que demain elle pourrait changer d'avis. Et puis, il me suffit de voir ses grands yeux très bleu au matin et qu'elle me raconte les conditions de sa soirée ou de sa nuit avec son accent charmant et son vocabulaire qui empêche toute tricherie pour que je sois rassuré.
Nous parlons alors d'amour et de projets d'avenir.
Voilà deux soirs que nous nous séparons sans même l'occasion d'un baiser volé et c'est dur.
Mais demain nous savons que nous passerons une soirée rien qu'à nous et que ce se sera encore une fois merveilleux.

1 Comments:
en europe il est deja demain, alors bonne soirée, aux amoureux!
bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
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