Salsa & embrouilles

Ce qui devait être notre premier week-end libéré de toute contrainte s'est en fin de compte limité à un dimanche passé ensemble.
Le samedi K devait en effet procéder à quelques formalités pénibles avec celui que nous appellerons désormais son ex-compagnon polonais. Du moins en théorie. La suite nous montrera que dans la pratique les choses ne sont pas si aisées.
Après un classique pèlerinage Gare de l'Est, je laisse donc K vendredi soir au téléphone alors qu'elle sonne chez des amis pour y aller dîner. Son "ex" devait se joindre à la soirée après son travail vers 23h00. Le samedi matin ni appel ni sms. L'après-midi non plus. Je commence à m'inquiéter mais je ne veux pas la harceler. Le soir toujours rien. Finalement vers 22h00 après lui avoir envoyé un dernier message, elle me répond par un laconique sms me disant qu'elle participe à une "soirée filles" et qu'elle reste sur Paris. Elle sera le lendemain matin chez moi mais pas trop tôt, vers 10h00. Je l'appelle immédiatement. Pas de réponse. Je lui demande de m'appeler. Sans plus de succès. Je me dis que sa journée a été difficile et qu'elle a besoin de se changer les idées. Il ne lui est sans doute pas facile, après les épreuves de la journé de venir vers moi sans une période décompression. Cependant, j'ai beau me résonner, rentré tôt d'un petit dîner en tête-à-tête avec un ami, je ne parviens pas à trouver le sommeil. Son dernier message cette nuit là est écrit après 4h00. Elle sera sans doute un peu plus en retard que prévu. Là, je lui en veux un peu mais ne le lui fais pas savoir.
Vers 10h30 le dimanche matin un nouveau sms. Elle est à Opéra et me demande ce qu'elle doit apporter. Une baguette, deux croissants. Je me suis occupé du reste.
Arrivée chez moi un quart d'heure plus tard, après nous être regardés et embrassés, je lui demande quelques explications. Une fois son ex arrivé au dîner vendredi les choses auraient mal tourné. Il aurait plombé l'ambiance et serait devenu un peu agressif.
Une amie lui suggère d'aller squatter dès le lendemain quelques jours chez des potes qui occupent un appartement dans le quinzième. Les amis s'appellent François, Momo et un autre. Il y avait bien une ou deux filles à la soirée de samedi, mais l'appellation "soirée filles" me semble usurpée. Je lui fais part de mon mécontentement. M'avoir laissé si longtemps sans nouvelles et s'embrouiller de la sorte. Prendre la décision d'aller habiter quelques jour quelque part sans m'en parler... Elle ne me donne pas d'explication très cohérente mais a l'air tellement désemparée, que je cesse vite de lui demander des explications. Rapidement nous nous trouvons à manger des oeufs au bacon en discutant de choses plus plaisantes. Ensuite, ayant tous deux peu dormi, nous allons nous allonger un peu. On ne dort pas beaucoup. Nous avions ensuite en projet d'aller suivre un cours d'initiation à la salsa. Elle aime beaucoup la danse et voulait savoir si ça pouvait me plaire. Bien qu'avec un peu d'appréhension, je m'y suis prêté de bon coeur et, après une première heure laborieuse, j'ai commencé à y prendre du plaisir. Il faut dire que K est une compagne de danse très agréable et très patiente. Un très bon moment, vraiment. Tout aussi agréable le retour chez moi à pied par la promenade plantée et le marais.
Ces trois heures de danse et cette marche nous avaient creusé l'estomac. Je nous prépare des pâtes que nous mangeons tôt et ensuite nous nous allongeons dans ma chambre pour regarder "Le Chocolat" en dvd. On est vraiment très bien, mais comme elle m'avait prévenu, elle ne préfère pas passer la nuit chez moi et doit retourner chez François & Co. où elle a par ailleurs laissé ses affaires pour le lendemain. Je n'insiste pas trop lourdement, et bien qu'elle n'ait pas réussi à joindre ses hôtes, c'est tous les deux un peu tristes que nous nous rhabillons avant que je la raccompagne au métro. Comme il est tard, qu'il y a un peu de marche avant d'arriver et qu'il n'est pas certain qu'elle puisse rentrer dans l'appartement, je lui demande de m'appeler dès qu'elle sera arrivée. Elle m'appelle à peine un quart d'heure plus tard. Je lui demande en plaisantant si elle a changé d'avis. Elle me répond que oui, mais ma joie est de courte durée. N'arrivant pas à joindre François ou sa copine qui loge là aussi pour le week-end, elle a appelé une autre amie. Son ex était là, n'allait pas bien du tout et lui demandait de rentrer. Elle a donc fait demi-tour à Concorde et se dirige vers la Gare de l'Est. Là s'en est trop, je lui dis tout ce que j'ai sur le coeur, finissant par lui demander de faire un choix tout de suite. Ce n'est plus lui qu'elle doit protéger mais moi et je ne saurai supporter qu'elle rentre ce soir chez elle plutôt que chez moi. Elle est désemparée encore une fois et me dis qu'elle descend me rejoindre. Il pleut dehors. Je marche à sa rencontre dans ma rue. Je la trouve en larmes sous la pluie. Nous allons chez Camel, le petit bar en bas de chez moi. Nous discutons autour d'un thé à la menthe. Elle me fait part de ses remords par rapport à la souffrance qu'elle provoque chez son ex. Je lui explique que selon moi, ce n'est plus à elle de le réconforter. Si à chaque fois qu'il appelle au secours elle répond, il n'acceptera jamais la rupture. En l'occurrence, si sa décision est irrévocable - ce qui est le cas, j'en ai l'intime conviction - il faut qu'elle le laisse souffrir quelques temps ; ça finira par passer. Je ne suis pas sûr de l'avoir convaincue... mais bon, elle me demande de la comprendre et après avoir encore parlé, je finis par la raccompagner... Gare de l'Est. Je rentre chez moi avec encore une grosse boule dans l'estomac mais mieux qu'avant que nous nous soyons revus.
Il est évident que tant qu'un des deux ait déménagé, nous ne serons pas entièrement libres.
Il ne fait aucun doute qu'elle tient beaucoup à moi. Elle m'aime assez pour se mettre en danger. Il est tout aussi évident que c'est une période très difficile à passer pour elle. Je sais que mon rôle est de la soutenir dans ces moments difficiles, de lui faire confiance et surtout de ne pas me montrer faible. Mais je vous assure, ce n'est pas facile. Il faut vraiment beaucoup aimer pour y arriver. Et heureusement je l'aime beaucoup.
Demain c'est la Saint Valentin, nous passerons la soirée ensemble. Ce sera sans aucun doute une très belle soirée. Je souhaite que je n'aie pas à la raccompagner au métro ou à la gare ensuite. Cependant si elle me le demande, je sais aussi que j'aurais tort de ne pas m'y prêter de bonne grâce. C'est la plus belle preuve d'amour que je puisse lui donner pour le moment.

2 Comments:
;-O
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Je suis vraiment triste de lire ça, mais sois zen, n'en fais pas de trop, vas y plus doucement.
Il faut qu'elle vienne te manger dans la main.
Ce n'est pas gagné
Ce n'est pas perdu.
Tu as tout,tout a gagner,
ratunku!
elle a déja gagné nos coeurs!
au travers de ton amour pour elle,
on l'attend autant que toi.
vas y plus doucement,
je suis peut être meilleur coach de l'amour pour les autres!
;-))
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