vendredi, septembre 29, 2006

En plein jour



Le père Gainsbourg avait coutume de dire que le bonheur est semblable à un ciel sans nuage. Il n'y a rien de plus beau à regarder. Par contre si on le photographie, on peut prendre des rouleaux et rouleaux de pellicule, au développement on verra invariablement la même chose : rien. A l'inverse, un ciel nuageux, voire un ciel d'orage peut être photographié à l'envie. Jamais deux photos ne seront pareilles et certaines seront franchement belles.
Le bonheur est par définition merveilleux à vivre mais il n'y a pas toujours grand chose à en dire.

Voilà la raison principale pour laquelle je n'ai rien posté depuis longtemps... au grand dam de maman qui veut tout savoir ;-) ... Et puis aussi j'ai d'autres occupations qui me tiennent éloigné de mon ordinateur.

Je profite donc d'une soirée en célibataire - K est en voyage dans son pays natal - pour évoquer des petites choses dont j'aurai envie de me souvenir et qui intéresseront peut-être les quelques lecteurs qui passent encore par ce blog où ils ne se passent rien depuis plusieurs mois.

Alors voilà, depuis le Brésil les choses se sont succédées idéalement et naturellement. K. qui s'appelle en réalité Karolina - mais nous disons Kaja - a passé de plus en plus de temps avec moi et chez moi où elle a fini par emménager l'été venu. La Pologne avait perdu contre l'Allemagne et la France tenait tête au Brésil. On s'en footait, on était un peu fou et on était bien ;-)

Entretemps les voyages s'étaient succédés. La Pologne, la Belgique et les premiers contacts entre Kaja et ma famille. Mais aussi Bruges Knokke-le-Zoute, les crevettes grises, les soles, la Grand Place... Avec Kaja toutes ces choses que je connaissais depuis toujours étaient réinventées ; Ensuite l'Italie : notre premier week-end en tête à tête. La Pologne à nouveau. Tous ces moments étaient magiques et se mélangent déjà entre eux dans ma mémoire. Bonheur constant. Pélicule surexposée. Et c'est tant mieux..
Il y a tellement de vécu et tellement peu de choses à en dire.



Nous voilà donc en demi-final du Mondial de foot 2006 quand Kaja investit ce chez moi qui est dorénavant notre chez nous.
Ce soir là je n'ai sans doute pas été à la hauteur. Le match était passionnant et Kaja a débarqué au beau milieu d'une phase décisive. Qui plus est, la copine qui aidait Kaja à déménager ses affaires ne m'avait pas paru fort sympathique. A l'inverse Kaja semblait tellement aérienne et heureuse que je m'en suis voulu de ne pas montrer plus d'enthousiasme. Je ne crois pas qu'elle ait noté quoi que ce soit.
C'est peut-être la plus merveilleuse qualité de Kaja. La constance de son humeur. Même dans les moments difficiles qu'elle a dû vivre entre Francfort et France - Brésil, elle a toujours montré de l'enthousiasme et de la bonne humeur. Et lorsque d'aventure une larme perle, comme ce 8 janvier évoqué plus haut, elle est isolée et semble vide de conséquence. Immédiatement Kaja retrouve sa gaieté. Du coup toute situation tendue est aussitôt désamorcée et le bonheur se perpétue.
Ainsi, un jour qu'une jolie lumière d'automne perlait au travers des stores de notre chambre où je me trouvais, Kaja était assise par terre dans le couloir à faire je ne sais plus quoi. Tout à coup elle dit spontanément et apparemment sans raison précise : "je suis heureuse".
Qu'ajouter à ça? Rien... si ce n'est que c'est une définition possible du bonheur.

Il y a quelques mois j'initiais ce blog en posant la question "un blog pour quoi faire ?" Je ne connais toujours pas la réponse.
J'ai compris que le blog était un objet hybride entre sphère privée et publique. J'ai compris qu'il permet de faire partager des expériences à des êtres chers sans les impliquer directement (à l'inverse des courriers, mails ou chats qui par nature s'adressent à quelqu'un ou à quelques uns et impliquent généralement une réponse). Il permet donc une certaine distanciation et partant est un outil pour exprimer certaines choses qu'on aurait pas dites soit par pudeur soit par timidité. Dans le cas présent il m'a permis de raconter librement ce que je vivais tout en sachant que très peu de lecteurs seraient concernés. Ecrire "Maman veut savoir" tout en sachant que seule maman ou presque saurait était plus facile que de lui écrire directement.
Maintenant que tout s'est bien déroulé et que j'ai envie d'élargir le nombre des personnes qui auront connaissance de ce blog, à commencer par K., il me semble inutile de le prolonger.
Je regarde Laetitia en me disant que j'aime vraiment ce tableau. Je suis content d'en avoir parlé. J'aurais souhaité parler de beaucoup d'autres choses mais mon esprit était occupé par une pensée presque unique.
Maintenant, continuer ce blog à quatre mains n'a pas beaucoup de sens. Ne fut-ce que par son titre, "Undeground". Bien que ce n'ait pas été prémédité il s'est fait l'écho d'expériences que je n'aurais pas voulu pour des raisons évidentes voir se propagées au delà d'un cercle restreint. Maintenant que la situation a évolué, je pense qu'il es temps de laisser cette page et, pourquoi pas, d'en commencer une autre à quatre mains et en plein jour.

1 Comments:

Blogger myramir said...

très émouvant, maman a compris le message et se replie avec bonheur ,et compréhension au nouveau blog à 4 mains.
sentimentalement je le garde dans mes favoris et ne soufaite nullement l'éffacer,n'est il pas passé d'une l'arme à un grand bonheur que je vous souhaite durable. @ toute à l'heure

11:39 AM  

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